Voilà maintenant à peine 2 ans, je faisais réaliser mes premiers « vrais » tirages. C‘était à l’occasion de ma toute première exposition qui se tenait alors au festival de Montier-en-Der (
tout comme la dernière d’ailleurs).
En gros, je n’y connaissais rien ou pas grand chose en tirage, et je ne doute pas avoir bien saoulé
Pascal Bourguignon à l’époque (et ça
m’arrive encore :o)). Et oui, mais il y peut rien le pauvre, il n’a qu’à pas être bourré de talent l’animal. Ces dernières 2 années,
avec quelques autres expos et en gros 70 tirages réalisés, m’ont permis de faire réaliser 2 types de tirages :
sur
dibond et sur
toile. Laissez-moi vous en toucher 2 mots.
Les nombreux avantages du dibond
Dibond dibond, on entend beaucoup parler de ce support. Signalons de suite, pour être bien sûr qu’il n’y ait pas de malentendu : le dibond n’est pas un support d’impression, mais un support de
contre-collage de votre tirage. Il s’agit d’une plaque rigide de 2mm d’épaisseur, en fait une espèce de sandwich constitué d’une couche de « plastique » (polyéthylène) encadrée par 2 fines couches
d’aluminium. J’avais pour ma part opté pour des tirages sur papier brillant, préalablement plastifiés avant le contre-collage.
Pour résumé, le process est donc : impression du tirage (d'un format très légèrement supérieur au support final), plastification, contre-collage sur dibond, découpe du "fond perdu".
J’aime vraiment cette option, qui met bien en valeur mes macros dans la veine « mise en poésie souvent minimaliste » où je joue beaucoup avec les flous. De plus, cette technique présente de vrais
et nombreux avantages :
- le support est
rigide. A moins de s'amuser à sauter à pieds joints dessus, peu de risque que cela se déforme (à l'inverse des supports type PVC qui
vont assez vite s'arquer).
-
longévité : inoxydable, résistant à l'humidité et aux champignons, ce support a de fortes chances de laisser passer les décennies sans l'ombre d'une
ride.
-
légèreté : et oui, cela ne pèse rien. Autant dire que c'est un réel confort pour le transport et surtout l'accrochage.
- la plastification met efficacement les tirages "à l'abri". D'une part, ils sont
moins sensibles lors de leur manipulation (accrochage, transport,
stockage,...) ; et d'autre part, ils craignent peu les petits doigts curieux des visiteurs qui irrésistiblement veulent toujours venir faire une petite caresse aux tirages. C'est donc idéal dans
les cas expositions longues et "un peu sans surveillance".
-
l'entretien est facile : un simple petit coup de chiffon (non abrasif bien évidemment) à peine humide, et l'affaire est réglée.
- leur
faible épaisseur fait qu'ils prennent vraiment peu de place. Impeccable pour le transport et le stockage. Pensez, 50 tirages ne prendront que 15cm
d'épaisseur ; ça passe à l'aise sous votre lit. A ce sujet, pour que l'encombrement soit minime et l'empillement optimisé, optez pour des attaches très fines autocollantes très efficaces.
Comme vous voyez, vraiment beaucoup d’avantages, et pas des moindres.
Néanmoins, même si ce sont des tirages plutôt résistants, la plastification pourra tout de même être un peu sensible aux frottements et se voir imprégnée, avec le temps et les manipulations
successives, de micro-rayures si vous faites « trop confiance à cette résistance apparente ». Donc, même si le produit est de super qualité, restez un minimum vigilant dans le transport et le
stockage.
Mettez bien des protections du côté photo et évitez les frottements si vous voulez leur assurer un maximum de longévité et faire plusieurs
expos avec les mêmes tirages.
Malgré tout, pour ma dernière expo, j’ai voulu autre chose…
La découverte des tirages sur toile montée sur châssis bois
En effet, pour ma dernière exposition, "
Changer de Point de Vue" au dernier festival de Montier, je voulais autre chose. Et je voulais autre chose, pas
juste pour autre chose, mais parce que les images de cette expo nécessitaient de changer.
En premier lieu, beaucoup de ces images sont dans le volume et/ou la texture. Il fallait donc que le support des tirages accentue cette sensation. Il ne fallait pas du "lisse", il fallait au
contraire "que ça gratte". Assez vite, je me suis dit : il me faut du Fine-Art sur joli papier texturé. Mais 2 problèmes :
- le prix : je souhaitais faire des grands, voire très grands formats, bien adaptés à ce type d'image. Et là, le budget explosait.
- la "résistance" : je tenais à ce que mes tirages soient "costauds" et puissent, comme signalé avant, être laissés sans surveillance sur des expos un peu longues.
De plus, les images de cette expo jouent notamment sur l'ambigüité "Est-ce une photo ou une peinture?", et je souhaitais que le support renforce cette interrogation. C'est ainsi que je me suis
orienté vers des tirages sur toile montée sur châssis bois.
Cette solution concentre tout ce que je recherchais :
- contribuer à cette perte de repère :
est-ce vraiment une photo ?
- Une
vraie texture.
- la "
non fragilité". Ce type d'impression ne craint pas grand chose (dans la limite du raisonnable), et en tout cas pas les doigts (sauf mains sales sur
fond blanc bien sûr).
- l'épaisseur du châssis (2cm) renforce la présence du tirage (il est "
volumique" et décollé du mur).
- les
tarifs des formats que je visais (80x120 et 60x90cm) entraient dans mon budget.
Seul léger "hic", l'encombrement est considérablement augmenté, ce qui peut ne pas être si anodin dans le choix de ce support.
Quelques rapides conseils :
- pour les
attaches, j'ai opté pour des vis à angle droit (3mm de diamètre pour 3cm de longueur). L'avantage, à la différence des attaches type "anneau",
est la facilité d'accrochage aux crochets des cimaises (il suffit de faire glisser le tableau de haut en bas le long des cimaises préalablement installées, et les attaches peuvent "trouver seules"
les crochets).
- il serait assez peu esthétique que la
tranche de la toile soit blanche (en tout cas c'est mon avis). Vous me direz, il n'y a qu'à imprimer un
peu plus grand et replier 2 cm du bord de la photo sur la tranche. Oui, mais non. Car certaines de mes images ont un cadrage vraiment trop précis pour pouvoir supporter un rognage de 2 cm sur tout
le tour. Ainsi, nous avons décidé de copier en symétrie ces 2 cm périphériques qui allaient alors remplir la tranche du châssis. Très rares sont les visiteurs a avoir noté ce détail tant cela passe
inaperçu, et permet donc de conserver 100% de son cadrage original.
Je suis vraiment très satisfait de ce choix dont le rendu est dans l'exact lignée de ce que je recherchais (encore merci Pascal, c'était vraiment un super boulot). Et de toute évidence, la large
majorité des visiteurs de l'expo ont eu aussi beaucoup apprécié !
Attention néanmoins : il est clair que ce support ne peut pas convenir à tous les type d'images. Faites des essais ou demandez avis avant car le résultat pourrait être décevant.
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