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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 09:09



Dans un dernier article sur les différentes rotules que j'ai pu utiliser jusque-là, je terminais sur un constat un peu amère : je n'avais pas trouvé celle qui me correspondait vraiment. Or, la rotule en photo, dès lors que vous vous servez d'un pied, c'est comme votre genou : s'il est en "vrac", vous aurez beau avoir la meilleure volonté du monde et des muscles de champion du monde, vous n'arriverez pas à dépasser votre grand-mère ! Bon, j'exagère, le mien n'était pas en vrac (je pense m'en être pas mal sorti avec la Manfrotto 488RC4 puis la Gitzo GH2750QR), mais un peu douloureux tout de même.

Mais je terminais aussi cet article sur une note d'espoir : après avoir étudié d'un peu plus près ce que proposaient nos marques "préférées", j'avais peut-être une solution en ligne de mire.



Des exigences initiales assez poussées...

Et si jusque-là je n'ai, ou n'avais pas trouvé mon bonheur, c'est bien parce que je suis assez exigeant, pour ne pas dire chiant. Avant de vous présenter ce que je vais bientôt tester sur le terrain, petit listing de mes souhaits, sans ordre d'importance car ils sont tous importants ; un seul manquant peut suffire à faire s'écrouler l'affaire :

- Système de serrage rapide et précis : pas question de passer 3 heures à tout serrer pour qu'en plus le cadrage  bouge à la fin.

- Un serrage puissant : rien de plus pénible que de serrer et voir l'ensemble s'incliner légèrement sous l'effet du poids du boîtier.

- Possibilité de passer du format paysage au format portrait par l'intermédiaire du collier de pied afin de ne pas avoir à changer les réglages de la rotule et à modifier le point de vue ; et ce, avec un boîtier muni d'un grip (sans grip, c'est moins souvent un problème).

- Volonté de monter un rail coulissant afin d'optimiser l'utilisation du Canon 65 MP-E, en voulant notamment ne pas  avoir à déplacer le trépied lors des changements de rapports de grossissement (voir article sur le MP-E).

- Rotule pouvant rester desserrée sans monopoliser une main (par exemple impossible avec des rotules 3D à crémaillère) afin d'avoir le plus de liberté possible dans la cherche du meilleur point de vue et de pouvoir l'utiliser comme "simple appui".

- Bien sûr, rotule très souple offrant de nombreuses possibilités d'angles de prise de vue.

- Évidemment, plateau rapide.

- Ensemble avec le moins d'éléments possible afin de limiter les risques de perte de cohésion et le prix. Et plus c'est simple à résultat au moins équivalent, mieux c'est.

- Possibilité de limiter, voire d'exclure tout risque de rotation de l'ensemble boîtier+objectif sur son plateau rapide (ce qui peut arriver dans certaines positions développant de grosses forces de rotation).

- Ensemble devant fonctionner avec le Canon 65 MP-E et le Sigma 150/2.8 ; avec passage facile de l'un à l'autre.


Vous voyez quand je vous dis que je suis chiant. Et encore, je suis sûr que je pourrais en trouver d'autres. Mais je suis sûr que vous êtes plusieurs à avoir été, ou à être confrontés à ces questions.

Comme je le disais avant, j'ai rapidement dû admettre qu'aucun produit unique de série répondait à toutes ces contraintes. Il allait donc falloir assembler, trouver la meilleure formule, et je dirais même, au tout début, voir s'il y avait au moins une formule qui pourrait coller.

Me voilà donc à plonger dans les catalogues Manfrotto, Gitzo, Jama et autres Velbon. J'ai plusieurs fois pensé avoir trouver un bon truc, jusqu'à déchanter à force de simulations intellectuelles : une fois c'est le grip qui passe pas, l'autre c'est l'adaptateur qui est trop étroit, ou encore le plateau qui convient pas. C'est souvent le cas quand on cherche à résoudre un problème, nous pouvons tomber face au double risque, d'une part, de passer son temps à découvrir de nouvelles difficultés ; et d'autre part, d'arriver à une solution totalement loufoque à force d'empilement de micro-solutions isolées. C'est ce que moi j'appelle le syndrome de la table bancale. Hein, c'est énervant une table bancale ! Alors, on tente de coller une cale sous le pied le plus court, mais elle est un peu haute cette cale, alors on vient en mettre une deuxième sous un deuxième pied, et ainsi de suite jusqu'à arriver à un nombre délirant de cales, qui ont conduit votre plateau de table à 2 mètres du sol, et en plus, c'est toujours bancale, la belle affaire : votre table est toujours bancale et vous ne pouvez même plus vous en servir comme table (ça, ça peut aussi arriver dans une organisation d'établissement ou d'entreprise : on fait des micro-ajustements qui complexifient sans rien résoudre, mais c'est une autre histoire...).



...Pour une "solution" plutôt simple...

Bref, après cette parenthèse au combien intéressante, revenons à notre rotule, en tâchant qu'elle ne se transforme pas en tour Eiffel. Je vous passerai les différentes idées que j'ai eu avant d'arriver à cette dernière qui, comme vous allez le voir, est finalement simple (mais ça faisait partie des souhaits initiaux ; pas beaucoup d'éléments). Dans le titre, je mets "solution" entre guillemets, car il me faudra encore attendre un retour d'expérience basé sur quelques sorties sur le terrain pour conclure.








Finalement, je n'utilise que 3 éléments : la rotule-ball Manfrotto 468MGRC3, un adaptateur 120 et un adaptateur 394 de plateau rapide.




cliquez sur l'image pour zoomer




...et bon nombre de mes problèmes a priori résolus


1 - L'adaptateur 120, qui sert habituellement à compléter la colonne d'un trépied pour convertir la vis 3/8' originale en vis 1/4', permet ici de rehausser le boîtier. Ainsi, il y a assez d'espace pour que ce dernier puisse passer en position portrait sans buter contre le rail coulissant. Et c'est très juste avec le Sigma 150/2.8, cela se joue au millimètre (c'est moins short, presque 1 cm, avec le MP-E) !





2 - Le MP-E présente une contrainte supplémentaire : son collier est très proche du boîtier (nettement plus que le Sigma 150). Ainsi, le boîtier peut vite se heurter à tout élément supplémentaire. Fort heureusement, l'adaptateur 120 fait pile le bon diamètre, et là encore, cela se joue à 1mm ! 1mm à l'horizontale pour le MP-E et 1mm à la verticale pour le Sigma 150 ; on a eu chaud, nous échappons de peu à la lime !





3 - Les rotules hydrostatiques de la série 468 (il en existe plusieurs versions en fonction du type de plateau) sont de toute évidence des monstres de puissance. Elles semblent pouvoir répondre à ma triple volonté : peuvent rester desserrées sans monopoliser une de vos mains (avec possibilité de régler la dureté de mouvement quand elle est libre), sont très souples (trouvent quasiment tous les angles ; mais un poil moins que les excentrées de Gitzo tout de même), et permettent un serrage rapide et puissant (avec 2 doigts et sans forcer, ça semble dur comme du béton).





4 - L'utilisation de l'adaptateur 394 pour plateau 410PL permet d'une part de gagner les quelques millimètres autorisant la rotation paysage/portrait avec le 150/2.8 (le fameux millimètre d'avant) ; et d'autre part bien sûr de bénéficier d'une attache rapide (que je trouve d'ailleurs plus pratique que celle des modèles plus petits). Mais en plus, et même si ce n'est pas l'utilisation prévue, les plateaux 410PL sont munis de 2 pas de vis sur le dessus (un 1/4 et 1 en 3/8). Ainsi, il est possible d'y loger des vis qui viendront bloquer la base du collier de pied et ainsi empêcher toute rotation pouvant engendrer un lent mais certain desserrage (et ces vis sont même disponibles car le rail coulissant de la 468MGRC3 est fourni avec 2 1/4 et 2 3/8). Je l'ai découvert après-coup, j'en étais ravi car ce point était le seul en suspens au moment où j'ai décidé de tenter cette configuration !





5 - Enfin, le choix du modèle de rotule muni du rail coulissant Manfrotto 357 offre une grande souplesse dans l'utilisation du Canon MP-E. En effet, grâce à ce dernier, il est possible de parcourir l'ensemble des rapports du MP-E, du 1:1 au 5:1 sans avoir à bouger le trépied. Il est certain que cela va vraiment beaucoup m'aider dans l'avenir !


cliquez sur l'image pour zoomer






Vous l'aurez compris, je suis ravi de cette configuration et j'ai hâte de voir ce que cela donnera. Car ces premières impressions prometteuses ne seraient s'affranchir de tests grandeurs nature ; les seuls qui permettent de valider, et je l'espère, le dispositif... Retour dans un prochain article...



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Published by Xavier COULMIER - dans Matériel
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commentaires

guilhem 29/11/2013 19:33

Bonsoir;

je suis tombé par hazard sur votre site en recherchant un trépied photo bas.
j'ai lu les problèmes que vous aviez rencontré avec vos différentes rotules et j'ai peut être la solution à votre problème. avez vous déjà essayé les rotules fluide qu'on utilise pour la vidéo
exemple : Fancier WF717AH
Je peux vous assurer d'une chose c'est que côté fluidité de bougé c'est le top dans des prix abordable en plus. je dirais même que l'essayer c'est l'adopter.
pour en avoir un je peux vous affirmer que c'est déconcertant, tout ce règle au mm et d'une délicatesse à vous couper le souffle. par contre l'inconvénient ça pèse 1Ko ;)

Marc 03/07/2012 08:03

Salut Xavier,

Est-ce que tu as fixé ta rotule Manfrotto sur ton trépied Gitzo explorer 2541 ? Ces deux éléments sont donc complatibles ?

Je te remercie pour ta réponse et surtout pour tes précieux retours d'expériences...

Le Chevalier Dauphinois 19/05/2012 21:07

* Merci pour ton partage. Cela m'ouvre quelques possibilités de recherche.
** Mon problème est (peut être) plus simple en théorie puisque je ne dispose "que" d'un canon 100mm macro L. Mais j'ai aussi besoin d'approcher lentement l'apn de la fleur (ou l'arachnide). Ainsi
je peux avoir plusieurs clichés à des distances (donc une PDC) différentes.
** Mon bricolage sur mon vieux pieds Velbon (oui, je sais, pas top) ne me satisfaisais pas vraiment.
** J'ai hâte de voir un article sur ton expérience outdoor. Le terrain et les insectes vivants, il n'y a que cela de vrai pour tester un matériel.

Seb 26/08/2010 13:41


Merci Xavier. Je pensais plutôt mettre le 454 à la place du 357. Mais forcément, le coup augmente. Si le déplacement du 357 se fait facilement et avec suffisamment de souplesse et de précision,
autant économiser 100 € :-)

Bonne journée et A+

:-)


Seb 26/08/2010 07:11


Hello Xavier,

Merci pour tout ce retour d'expérience. Un rail micrométrique ne serait pas plus adapté ?


Xavier COULMIER 26/08/2010 09:12



Dans l'absolu, oui, mais je ne l'a pas retenu pour les raisons suivantes :


- cela augmente nettement la facture


- il n'est pas indispensable car j'ajuste au final avec le MPE et pas avec le plateau.


- opter pour un plateau micro rajouterait une zone de fixation à l'ensemble (là, j'ai rotule + 2 adaptateurs ; avec plateua micro, il faudrait rotule + plateau micro + 2 adaptateurs). Cla
compléxifie l'ensemble et augmente le risque de "manque de cohérence de l'ensemble", et ce pour un gain pratique quasi nul pour moi.


Xav